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Le cinéma numérique, quel impact pour le sous-titrage ?

Actuellement, le cinéma est dans un tournant avec l’uniformisation des standards technologiques via le numérique. Qu’est-ce exactement et surtout comment le numérique facilitera la diffusion de sous-titres au cinéma ?

Créé en 2002, le Digital Cinema Initiatives LLC (DCI) regroupe les sept majors du cinéma américain (Disney, Fox, MGM, Paramount, Sony Pictures, Entertainment et Universal Warner Bros Studios). Le but principal est de définir ensemble les spécifications techniques du dispositif de diffusion et projection numérique du cinéma pour le développement et le lancement du cinéma américain. En effet, plusieurs dizaines de formats différents de largeur co-existent depuis le début du cinéma, augmentant d'autant les problèmes d'incompatibilité d'une salle de projection à l'autre. En juin 2005, les recommandations DCI ont été publiées (caractéristiques du master numérique des films servant de matrice pour la duplication des copies numériques, caractéristiques des copies numériques et des équipements de projection numérique des salles…) et ont été reprises en France via la norme AFNOR NF S 27- 100. Cette norme définit les valeurs minima (en cohérence avec les standards américains) qui devront être respectées par les équipements numériques dans les salles de cinéma.

Et le sous-titrage là-dedans ?

Voyons d’abord les techniques existantes. Le premier système de sous-titrage des films se faisait par procédé chimique (encore en pratique dans quelques pays) : les sous-titres percent une couche de paraffine et l’émulsion est brûlée par un acide. Ensuite, a été créé en 1986 le sous-titrage par gravure laser. Le principe est de brûler les différentes couches de couleur de l’émulsion à l’aide d’un rayon laser pour obtenir des caractères blancs qui peuvent être lus sur fond très clair également. Cependant si le nombre de copies à graver est élevé, le procédé coûte trop cher, on recourt alors au sous-titrage optique, où les sous-titres sont gravés sur une bande noire qui est sur-impressionnée à la copie lors du tirage. La gravure sur les bobines de pellicule étant un processus irréversible, le nombre de ces copies, et donc de diffusion au cinéma, était limité car par la suite inexportable. Il existe également le sous-titrage par projection (baptisé PMS, Projection Monal System). Dans ce système de sous-titrage virtuel, les sous-titres sont générés par un micro-ordinateur et projetés par un vidéo projecteur synchronisé avec le projecteur du film. Aucune manipulation de la pellicule n’est nécessaire. Par contre, ceci requiert un projecteur suffisamment puissant pour obtenir un bon contraste et un écran de projection doté d’une surface supplémentaire à la réglementation afin de projeter les sous-titres sous l’image (position où le confort visuel est optimal) pour éviter toute gêne visuelle.

Or avec le numérique, le film n’est plus sur un support photographique (le célèbre 35 mm) mais sur un support de type informatique (disque dur, DVD, transmission câble ou satellite). En plus du signal image et du son, le sous-titre est intégré dans les données de la copie numérique (ou DCP, Digital Cinema Package). Etant donné que les salles de cinéma seront progressivement toutes équipées par des projecteurs compatibles avec ces copies numériques comprenant le sous-titrage, la projection de celui-ci sera aisée. Son fonctionnement sera du même principe que sur les DVD, c'est-à-dire au choix en fonction de la programmation (séance sous-titrée ou non).

Ainsi le cinéma numérique facilite la mise en place de projections de films français en version sous-titrée pour les personnes sourdes ou malentendantes via plusieurs mesures :
  • la réalisation du sous-titrage au stade de post-production (Plan Handicap Auditif)
  • l’intégration du sous-titre dans la copie (normes DCI reprises par la norme AFNOR à ce sujet)
  • l’équipement numérique des salles de cinéma pour pouvoir projeter les sous-titres

Il faut donc l’implication de toute la chaîne cinématographique (du producteur au public) pour multiplier les séances sous-titrées, ce qui permettra en plus de rationnaliser le coût du sous- titrage.

Nota : 1191 salles françaises sont équipées numériquement dans 384 cinémas (source cinego.net au 24/06/2010)

Sources :
www.manice.org
www.repaire.net/index.php
http://pagesperso-orange.fr/pacson/SonCineE2.html

Rédigé par Bénédicte NGUYEN